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Votre expérience, CR et votre vécu à Antibes...




Hervé BEC
- Dossard 18 - 6 jours 2011



Samedi 4 juin

Nous sommes arrivés la veille dans un hôtel d'Antibes et débarquons au Fort Carré le samedi en matinée pour installer notre tente au mieux et tout notre matériel (table, chaises, ravitaillement). Les autres participants arrivent continuellement et en peu de temps les camping-cars et les tentes sont tous alignés le long du mur que surplombe le Poilu.

bec-1Dimanche 5 juin
Le temps est mitigé, avant le départ le circuit s'orne d'énormes flaques d'eau qu'il va falloir contourner.Le départ est donné à 16h00, la pluie a cessée.Il n'y a pas de repas prévu le premier soir, ça va être non stop jusqu'à 1h00 du matin.Vers minuit des trombes d'eau s'abattent pendant une dizaine de minutes, je suis un des seul à continuer, ma pause est très proche, un arrêt ne servirait à rien.

Lundi 6 juin
Réveil vers 4h00, c'est dur de s'habiller et remettre des chaussures et de se dire que ça va être comme ça pendant 6 jours/6 nuits. La stratégie est simple pour être durable : - réveil vers 3 ou 4 heures selon l'heure du couché ou la forme, course à pied jusqu'à 7h00 / 7h15 pour prendre le petit dèj de l'organisation avec Michèle, 30 mn de pause. - reprendre la route jusqu'à 14h00, manger dans la dernière demi-heure puis repos 2h00 - reprise jusqu'au repas du soir vers 19h00 (45 mn de pause)-dernier assaut jusqu'au couché vers minuit.A 14h00 je pointe à 155 km, j'aurai préféré un peu plus, mais ce n'est peut-être pas si mal de partir tranquille.C'est reparti jusqu'au repas du soir, mais le régime cacahuètes et saucissons au ravitaillement commun me donne des aigreurs, je prends 1 puis 2 gasvicons mais le soulagement n'est que temporaire. Ça avance beaucoup moins vite, ma digestion semble bloquée. Après le repas ce n'est guère mieux, à 22h30 je jette l'éponge pour tenter de me reposer.Mais les chocs électriques dans les mollets commencent,  ça dure environ 30 mn avant de  se calmer. Mes 'nuits » sont plus qu'agitées, j'empêche Michèle de se reposer tellement je bouge.

Mardi 7 juin
C'est reparti, mais j'ai pris une claque au classement, ce n'est pas très grave mais je n'avance pas beaucoup mieux. Avec Michèle, on décide que je prendrais tous mes ravitaillements sauf le petit dèj et le repas du soir à la tente, on a assez de réserve pour faire la semaine. La bruine du matin c'est transformée en pluie, mais rien de grave, ça fait presque du bien, on sait que les coups de chaleur succèdent aux averses.La seconde journée de 24h00 s'achève, seulement 105 km de plus au compteur, je doute  ... .260 km, en 2 jours, c'est bien moins qu'escompté. Les douleurs sous les pieds apparaissent déjà, j'avais souvenir que c'était au 3ème jour, il va falloir faire avec, apprendre à oublier la douleur.Lors de ma pause, je cherche désespérément le sommeil, mais dans la tente il fait trop chaud, le soleil y arrive dès 10h00 du matin.Les heures passent les kilomètres aussi, mon estomac me laisse tranquille, je  grignote un peu toutes les heures s, et quelque chose qui fait long feu toute les 2 heures (riz au lait, semoule, pate d’amande), je bois surtout au ravitaillement commun, mais j'arrête pratiquement l'eau gazeuse qui 'attaque' un peu  l'estomac alors que le coca passe.  Michèle met un peu de sel dans les boissons qu'elle me prépare, elle mixte des jus de fruit (raisin, pamplemousse) avec de l'eau gazeuse, prépare des boissons énergétiques.53h00 de course (mardi 21h00) 292 km.

Mercredi 8 juin
A 340 kms à 8h00 du matin (64 heures de course) La course est réglée, les habitudes sont prises.Je cours avec Bernard, je cours avec Kamil, mais  aussi beaucoup seul et commence à m'intéresser au classement, j'arrêt e  de faire le yoyo et après les pauses ma place ne change maintenant que très peu.3 80  km en 72 heuresJ'attends un peu pour reprendre après 16h00 car l'orage gronde et je pense que ça va tomber. Michèle me dit d'y aller, que ça peu tourner longtemps avant.  Je m'élance et arrive au bout de la ligne droite quand les premières gouttes tombent. J’avance encore cherchant un abri mais a part les arbres il n'y a rien et vu les éclairs il vaut mieux aller ailleurs. J’arrive au ravitaillement détrempé, quand la pluie s'arrête je file à la tente pour me rechanger, je ris jaune j'aurais du attendre avant de sortir. Après l'orage, c'est le vent qui est de la partie, de face le long des tentes, latéral en bord de mer et tournoyant sur la contre allée sous les arbres, bref, je râle. Courir dépense beaucoup d'énergie, je marche donc un bon moment pour ne pas m'épuiser. Ca fini par se calmer, ma course reprend tranquillement. 411 en 78 heures (à 22h00) c'est reparti .parfois c'est un peu le bagne, souvent c'est 'ma course', une course unique, que je n'ai pas envie de rater, ça se déroule plutôt bien.

Jeudi 9 juin
bec-2Se lever, courir, p'tit dèj, courir .462 km en 89h20 (à 9h20), en route vers les 500 avant la fin de la 4ème journée.Vers 11h00 mon courrier arrive, tous les messages que mes amis ont envoyés via le site me parviennent  sur des feuilles imprimées qui me sont transmises, 4 feuillets par jour, c'est chouette, ça en fait des messages qui remontent le moral, qui me poussent à aller plus loin, à tenir, à grignoter des kilomètres ! 14h00 c'est la pause, ça fait presque 12 heures que je suis sur la piste et au moment d'enlever mes chaussures je m'aperçois qu'elles sont différentes : une Mizuno à un pied, une NB à l'autre. On éclate de rire avec Michèle. Pas de bobo pour autant, comme dit le Bagnard 'elles sont compatibles'. Par la suite je garderais les Mizuno jusqu'a la fin pour éviter de me poser trop de question, ça simplifie la gestion de course.Pendant les pauses j'envoi e  aussi quelques Sms, mais laisse bec-3mon téléphone dans la tente 'hors connexion' afin que Michèle ne gère que son propre téléphone.

Vendredi 10 juin
Quand le jour le lève, on sent déjà que le soleil va être de la partie, il faut profiter des moments presque frais. Quand le cagnard donne j'en suis à 627 km à 14h00.Quand j'enfile mes chaussures il me faut un petit temps d'adaptation, au début la démarche est hésitante, les ampoules brulent, j'insiste dessus en forçant le déroulé du pied, puis quand la douleur s'amoindrie, je me lance pour trottiner, sans trop lever les jambes, les chaussures rasant le chemin ou le bitume.On peut dire que les courses de 72 et 48 heures n'ont pas fait trop de vagues sur la piste, j'avance encore aussi vite que les coureurs des autres courses, ça me rassure sur mon état de forme et mes ressources disponibles.J'ai arrêté (pause) en étant 3ème de l'épreuve, mais je sais que 2 heures plus tard tout sera à refaire, pourtant ce repos est nécessaire pour aller au bout, même si le cumul de sommeil des pauses de l'après midi avoisine le zéro absolu.Quand j'arrête le soir j'en suis à 673 km.

bec-4Samedi 11 juin
C'est la der, de plus j'ai enfin dormi, après une heure de repos agrémenté des chocs électriques dans les jambes j'ai dormi profondément pendant 2h30 ! Bref j'ai la forme.Je passe devant le tableau, aucun changement dans les classements, je suis 4ème.Je m'inquiète de savoir si José  Luis est levé, mais il n'y a pas grand monde sur la piste avant le levé du jour (5h00).J'ai lancé quelques attaques pour avancer sur l'Espagnol mais il a encore du répondant, on va même se tirer la bourre dans la ligne droite caillouteuse... je lui laisse l'avantage cette fois là, mais décide avec Michèle d'assurer les 750 km avant toute chose.Le petit dèj' est avalé en express, ensuite Michèle me prépare des boissons au fur et à mesure pour m'éviter tout arrêt.Quand je marche José Louis marche, si je cours, il court, quand je m'arrête, il s'arrête.Avec ses 10 km d'avance, il a de quoi voir venir...En repassant devant le tableau je vois que j'ai repris deux bornes (il doit faire une pause), alors je re-cours et il sort du bois, averti par ses compatriotes.Sur les dernière 40 mn, alors que les espagnols ont sorti le drapeau, je recours à nouveau, le passe 1 fois, 2 fois. L’armada remballe le drapeau et José  Luis marche pour ne pas trop perdre de kilomètre. J’en reprendrais 4 avant la fin, je termine avec 763,437 km.

C'était surtout une course d'équipe.
Michèle si elle n'a pas d'ampoule au pied est tout autant fatiguée que moi.
C'est elle qui m'a motivé, qui m'a soigné, coaché tout au long de ces 6 jours.
Elle m'a redonné de l'autonomie en s'absentant, là j'arrivais à me débrouiller, mais elle a toujours été là aux moments cruciaux.

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